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12 mai 2016

Zika : les laboratoires de biologie médicale ultramarins se mobilisent

L’épidémie est maintenant officiellement reconnue par les autorités sanitaires comme sévissant à la fois à la Martinique et en Guadeloupe. Or, dans ces deux départements, les biologistes médicaux participent activement, avec leur laboratoires de biologie médicale, à la lutte contre Zika.

Zika : les laboratoires de Martinique et de Guadeloupe mobilisés. Zika : les laboratoires de Martinique et de Guadeloupe mobilisés.

L’épidémie a fini par y être officiellement reconnue début mai. Toutefois, en Guadeloupe, les dommages causés par Zika sont pour l’instant moins importants qu’à la Martinique. « Chez nous, le virus ne s’est pendant longtemps pas développé de façon exponentielle, confirme Guy Joseph-Théodore, biologiste à Sainte-Anne et membre du Conseil d’administration du SDB. Nous avons jusqu’ici été beaucoup moins impactés que la Martinique. Un décalage qui a également été constaté pour l’épidémie de Ckikungunya sans que l’on ait d’explications satisfaisantes. Il s’agit probablement de causes multifactorielles (climatologie, densités de population, causes liés au vecteur….). Peut-être aussi a-t-on bénéficié, en les anticipant, des mesures de prévention mises en place en Martinique.»

Une pédagogie collective à laquelle les laboratoires de biologie médicale guadeloupéens ont grandement contribué par le biais de différents supports (affiches et brochures) mis à disposition ainsi que dans le cadre du dialogue singulier avec les patients. « Comme nous le faisions déjà avec la Dengue et le Chikungunya, précise Guy Joseph-Théodore, nous faisons de la prévention au quotidien auprès de nos patients en ce qui concerne le virus Zika afin qu’ils prennent les précautions qui s’imposent. »

Et d’abord se doter de pièges à moustiques, utiliser des répulsifs et des moustiquaires imprégnées pour les femmes enceintes ou encore, éliminer autant que possible les eaux stagnantes qui sont des nids potentiels larvaires. Des gestes auxquels les populations guadeloupéenne et martiniquaise, auxquelles les laboratoires rappellent tout aussi régulièrement les bonnes pratiques à respecter, sont rompues. La Dengue et le Chikungunya sévissant déjà dans ces deux Dom, elles sont en effet sensibilisées depuis plusieurs années aux virus propagés par les moustiques.

Pédagogie et surveillance

Surtout, les laboratoires de biologie médicale ultra-marins participent bien sûr activement au dépistage et diagnostic du virus. "Au sein des Agences régionales de santé (ARS), explique Montserrat Grau, biologiste à Fort-de-France, les membres du Comité d’experts des maladies infectieuses et émergentes (CEMIE) de Martinique, les protocoles de prise en charge des patients par les médecins et les laboratoires de biologie médicale sont modifiés et transmis en fonction de l’évolution de l’épidémie".

Depuis la reconnaisance du caractère épidémique de Zika, le dépistage est désormais réservé aux femmes enceintes et aux personnes à risque (diabétiques, cardiaques etc.). Enfin, les laboratoires de biologie médicale guadeloupéens et martiniquais constituent des sérothèques, en particulier à partir de prélèvements sur des femmes enceintes, et ce, afin de contribuer à la recherche sur le virus. L’ARS de Guadeloupe a en effet lancé une étude sur les conséquences de l’infection au virus Zika sur la grossesse et y a associé les laboratoires de biologie médicale. 

Dernière modification le lundi, 16 janvier 2017