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21 juillet 2016

Le syndrome "Angelina jolie" pour cibler le cancer du sein

En plein essor depuis la fin des années deux mille, la biologie moléculaire – ou analyse des acides nucléiques – révolutionne la prédisposition, le dépistage, le diagnostic et le suivi du cancer du sein. Cette technique, encore exclusive, est appelée à se diffuser. 

La biologie moléculaire a émergé avec la connaissance de l’ADN. Elle s’est développée dès les années soixante et soixante-dix. Son apport est considérable en cancérologie, notamment dans la prise en charge du cancer du sein. Ainsi, les travaux de chercheurs américains ont révélé que certaines populations avaient plus de risques que d’autres de développer un cancer du sein ou de l’ovaire : dès 1994, deux gènes - BRCA1 et BRCA2 - ont été identifiés comme étant à l’origine de prédispositions à de tels cancers. Ainsi, grâce à des tests génétiques, les patients peuvent être informés du risque important qu’ils encourent. Cette découverte a été médiatisée sous le nom de syndrome Angelina Jolie car l’actrice, porteuse de ces mutations génétiques, a opté pour l’ablation de ses deux seins. Ces altérations génétiques transmissibles sont toutefois rares : les cancers du sein héréditaires concernent moins de 1 % des cancers du sein (lire encadré ci-contre). Le cancer du sein, comme le cancer en général, est en effet une maladie généralement acquise dont les anomalies sont portées par des cel- lules somatiques cancéreuses. 

C’est également dans les années quatre-vingt-dix qu’a été repérée, pour la première fois, une anomalie moléculaire dans les cancers solides, notamment dans le cancer du sein, responsable de la prolifération des cellules cancéreuses. Il a ensuite été possible d’élaborer des classifications dites moléculaires des cancers du sein1. En effet, jusqu’ici, seules les données anatomo-cliniques et histologiques (comme les récepteurs hormonaux) permettaient de classer les différents types de cancer du sein. 

Aujourd'hui, les chercheurs poursuivent leur analyse du génome complet des tumeurs du sein afin de mieux comprendre le développement de ces tumeurs et de déterminer les traitements les plus appropriés et les plus ciblés possibles. Parmi les autres axes de recherche, l’accent sera aussi vraisemblablement mis sur la combinaison plus fine des traitements, les nouvelles molécules, les inhibiteurs de prolifération mais aussi les voies de métabolisme du glucose puisque les cellules cancéreuses consomment beaucoup de glucose et, c’est déjà d’actualité, sur l’immunothérapie.

1096 Dernière modification le mardi, 03 juillet 2018